
CONCOURS KOTPLANET : 1X2 places pour ArtisanArt qui aura lieu au château du Val Saint-Lambert du 17 au 20/05/2012 (tirage au sort le 14/05/12)
ArtisanArt, qui fête cette année sa 10ième édition en Wallonie, est devenu avec le temps le rendez-vous wallon incontournable des métiers d’art pour le grand plaisir d’un public amateur de bon goût.
C’est là, le temps d’un week-end, que le public retrouvera bien sûr une palette étendue de métiers de tradition et de création: ferronnier, couvreur, tailleur de pierre, ébéniste, menuisier, peintre verrier et décorateur, polisseur, restaurateur de vitraux, passionnées de laine, de coton ou de soie, de marionnettes… partageront leur savoir-faire et leur passion.
Les créations contemporaines et le design ne seront pas oubliés, de même que l’orfèvrerie, la joaillerie, la bijouterie, la céramique, la mosaïque… bref une palette diversifiée adaptée aux goûts (et aux bourses !) de tous les publics. Comme les années précédentes, les visiteurs auront également la possibilité de se restaurer et de découvrir toutes sortes de bons produits locaux ou régionaux…
Et ce n’est pas tout : un des objectifs d’ArtisanArt est également de donner aux jeunes des idées originales d’orientations professionnelles en marge des grands circuits classiques de formation.
Kotplanet a profité de l’événement pour interviewer l’un de ses fondateurs, Jacques Bredael.
« ArtisanArt est un lieu privilégié : en dehors des artisans « de naissance», on y rencontre aussi quantité de gens qui ont changé de direction professionnelle en cours de route. Certains sont entre autre passés de la finance ou de l’industrie à un métier d’artisan…Une reconversion complète qui les a fait devenir qui ferronnier, qui bijoutier, qui sculpteur sur bois…les exemples foisonnent ! »
Mais peut-on vivre de sa passion ?
« C’est la grande question…Le changement d’orientation est tel que vous pouvez passer d’un revenu de 5000 euros par mois…à 1000 euros par mois ! La plupart des «reconvertis » ont fait le tour de la question concernant leur ancien métier. Oui, ils gagnaient bien leur vie et même parfois très bien, mais ils se demandaient aussi derrière quoi ils couraient : la voiture de fonction ? L’image sociale sans cesse plus gratifiante ? Avant tout, il y a donc un changement important dans la tête. La plupart tirent actuellement le diable par la queue mais ont l’air extrêmement heureux. »
Un exemple ?
« Le schéma est un peu ‘écologique’ dans le sens large du terme : il faut souvent renoncer aux vacances, accepter de déménager avec ou sans ses proches pour un lieu moins cher …Mais aucun n’a envie de faire demi-tour ! C’est un vrai phénomène de société ! L’exemple parfait qui me vient à l’esprit est celui d’un ancien ingénieur plutôt calé dans l’industrie nucléaire qui s’est reconverti dans la fabrication de copies d’instruments de musique anciens : il est devenu luthier… »
L’histoire d’ArtisanArt en quelques mots
« Cela fait 10 ans que l’événement a lieu en Wallonie mais 16 ans que nous organisons la version bruxelloise ! C’est avec Claude Oreel que j’ai décidé de lancer pour la première fois cet événement. A l’époque, nous avions acheté une maison art déco dans un piteux état : les stucs étaient cachés par des faux-plafonds, les parquets recouverts par du tapis plaint,… Nous nous sommes attaqués au chantier pour rétablir cette maison dans son état d’origine. Il nous a donc fallu faire la chasse aux artisans capables de refaire ou réparer des vitraux, de la ferronnerie, du parquet,…. Quand tout fut terminé, on s’est retrouvé avec une liste de très bons artisans et on a monté alors une exposition au musée d’Art du Cinquantenaire, et rassemblé une quarantaine d’artisans aussi bien pro qu’amateurs, sans réelle sélection. Comme nous avons senti un certain intérêt pour l’exposition, nous nous sommes ensuite branchés sur les associations (les métiers d’art, les compagnons du devoir,…) et aujourd’hui, nous pouvons faire une sélection de plus en plus sérieuse. Une condition indispensable est quand même que les artisans participant à l’événement doivent avoir un registre de commerce (et un numéro de TVA !) pour pouvoir vendre leurs produits sur le site.»
ArtisanArt et les jeunes
« Il y a une vraie satisfaction à mettre en avant des métiers et des produits méconnus du grand public. Les objets exposés à ArtisanArt sont tous des originaux.
Ce qui m’intéressait, c’est que chez l’artisan, la main est indissociable de la tête : le projet est imaginé, façonné, transformé éventuellement si l’artisan n’est pas satisfait du résultat. Il y a une grande tradition de l’artisanat depuis le Moyen-Age.
En Belgique, en plus des formations classiques, des formations en alternance ou des sections professionnelles, il existe une ou deux maisons de compagnonnage, mais généralement ces maisons sont liées à des formations plus traditionnelles. C’est une question de passion et de discipline et ce système est beaucoup plus exigeant et très difficile à associer avec le statut social actuel. On a le même problème pour les écoles où l’on retrouve les « déchets scolaires » … Il faut une revalorisation des métiers matériels et ArtisanArt déploie un effort important pour montrer aux jeunes et aux écoles que d’autres métiers existent, qui en valent la peine ! »
Qui est Jacques Bredael ?
« Je n’ai ni la main verte, ni la main bricoleuse, mais je suis intellectuellement fasciné par ces 2 mondes. Il ya 16 ans j’étais présentateur du journal télévisé puis j’ai pris ma retraite et je dois avouer que depuis, je ne fais que des choses qui me plaisent. Maintenant entre autres projets, je m’occupe de monter ces 2 événements ArtisanArt, en Wallonie au mois de mai et à Bruxelles au mois de novembre, j’ai monté également avec un ami la première rencontre autour du thé qui se tient à Tour et Taxi ce mois-ci.
Chance ou malchance ? J’ai toujours eu dans ma vie l’opportunité de faire ce que j’aime, du coup je n’ai pas besoin de « temps libres », mes hobbies et mes occupations professionnels se rejoignent…Je ne suis pas riche mais je suis riche d’autres choses ! »
Un conseil pour les membres de Kotplanet
« Tout d’abord venez voir et essayer de percevoir la passion des artisans qui exposent, prenez le temps de leur parler. Les artisans travaillent sur place pour montrer leur talent et partager leur expérience et leur histoire!
Ensuite, faites une croix momentanée sur votre formation et regardez ce que la main est capable de réaliser… »
Infos: www.artisanart.com/fr/salon
Béa